
Les poules pondeuses
L’industrie de l’horreur
Une poule pondeuse pond près de 300 œufs par an, soit environ 120 œufs de plus qu'il y a 50 ans. Les conditions d’élevages intensives, notamment les cages exiguës dans lesquelles le tiers d’entre elles sont enfermées en France, ont des conséquences désastreuses sur leurs comportements, comme le fait de s’arracher les plumes ou encore le cannibalisme.2,3
Les poules pondeuses sont souvent transportées sur de longues distances pour arriver à l'abattoir. Durant ces trajets, certaines d’entre elles sont blessées ou meurent dans d'atroces souffrances, dans des cages minuscules, sans eau ni nourriture. Des études montrent qu’au moins 30 % des poules arrivant vivantes à l'abattoir ont souffert d’une fracture osseuse récente et des têtes coupées ont également été trouvées à maintes reprises. D'un point de vue purement économique, les animaux blessés ou morts sont insignifiants étant donné que la valeur marchande de ces volailles est d'environ 7 centimes par individu.4,5
Il existe au total 3 groupes de volaille d'élevage : les volailles de chair sélectionnées génétiquement pour la production de viande, les poules pondeuses sélectionnées génétiquement pour la production d’œufs, et une troisième catégorie, les poules à double usage qui n’ont pas été sélectionnées génétiquement pour être spécialisées dans un type de production et peuvent donc produire de la viande et des œufs. QUATRE PATTES lutte pour un élevage durable et respectueux des animaux en priorisant cette 3e catégorie de volaille, car des milliards de poussins mâles issus de la filière ponte sont broyés ou gazés à la naissance, n’ayant aucune valeur pour l’industrie de l’œuf.6
Cette pratique est interdite en France depuis le 1er janvier 2023. Il existe toutefois des exceptions pour les œufs blancs destinés à être transformés, soit jusqu’à 50 % des œufs produits en France, pour des raisons de compétitivité européenne, ainsi que pour les poussins qui seraient utilisés pour l’alimentation animale.
CE QU'IL FAUT SAVOIR :
- Les poussins éclosent dans d'immenses couveuses sans aucun contact avec leur mère.2
- Poussins d'un jour : les poussins mâles issus de la filière ponte n'étant d'aucune utilité pour l'industrie des œufs, sont broyés ou gazés vivants. Interdite en France depuis 2023, cette pratique cruelle subsiste néanmoins en raison de plusieurs exceptions prévues dans la loi. Pour en savoir plus, cliquez ici.
- Une espérance de vie raccourcie : une poule peut vivre jusqu'à 15 ans à l’état naturel. Dans les élevages intensifs, elles dépassent rarement 20 mois, car leur productivité et donc leur rentabilité diminue avec l’âge.6
- La production d'œufs : les États-Unis et la Chine sont les plus grands producteurs d'œufs au monde.
- Une face cachée : 1 œuf sur 2 est transformé. La plupart d'entre eux proviennent de poules élevées en cages, une information qui n’est pas connue du consommateur lambda. En France, un tiers des poules pondeuses sont encore élevées en cage !
- Intervention chirurgicale sur les poules : en raison des conditions déplorables dans les élevages intensifs, les poules ont tendance à s’arracher les plumes (picage) ou se manger entre elles (cannibalisme). Certains élevages mutilent donc leurs animaux : leurs becs sont épointés généralement au laser alors qu’il s’agit d’un organe très sensible, ainsi que d'autres types de mutilations.2
- La majorité des poules dans le monde sont élevées dans des cages ou des élevages intensifs (au sol), et c’est le cas pour la moitié d’entre elles en France. Quand elles sont enfermées dans des cages, les poules pondeuses disposent d'un espace équivalent à une feuille de papier A4 par poule.
QUATRE PATTES demande :
La fin des pratiques cruelles
Induisant la peur, la douleur et la détresse, elle fragilise le système immunitaire, altérant les fonctions cérébrales et le comportement naturel des animaux :
- Interdiction des procédures de mutilation ;
- Interdiction générale de l'épointage du bec. C’est une pratique cruelle qui consiste à couper le bec de la poule afin d’éviter l’automutilation ou l’agressivité entre congénères. Elle mutile l'animal pour l’adapter aux conditions d'élevage au lieu d'adapter les conditions d'élevage aux animaux ;
- Interdiction générale des mutilations telles que la coupe des griffes (dégriffage), l’écrêtage ou la coupe du bout de l’aile pour les empêcher de voler (éjointageà. Les conditions d’élevage doivent être adaptées aux espèces, en offrant leur plus d'espace pour éviter les blessures et leur permettre d’exprimer leurs comportements naturels ;
- La castration des jeunes coqs mâles pour la production de chapons est une pratique cruelle, réalisée sans anesthésie en incisant la chair de l’abdomen et en maintenant la plaie ouverte à l’aide d’un écarteur, pour pouvoir retirer les testicules situés à l’intérieur de l’animal. Pour les AOP volailles de Bresse, les chapons sont en outre enfermés dans des cages d’engraissement appelés « épinettes » pendant a minima quatre semaine. La production de chapons doit être interdite en France, ainsi que dans les autres pays de l’Union européenne pour qu’il ne soit pas possible d'importer des animaux castrés;
- L’interdiction totale de l’abattage cruel des poussins mâles de la filière poule pondeuse en France et dans les autres pays. En effet, si la pratique a été banni en France depuis 2023, de nombreuses exceptions persistent qui rendent cette interdiction ineffective ;
- L'élimination progressive des poules pondeuses élevées en cage (et de l’élevage en cage dans son entièreté) en France et dans l'ensemble de l'UE ;
- Les commerçants (grande et moyenne distribution, restauration commerciale, restauration collective…) doivent s'abstenir de vendre des œufs de poules élevées en cage et des produits contenant leurs œufs ;
- L’obligation générale d'étiqueter les produits contenant des œufs en fonction du mode d'élevage des poules pondeuses ;
- Les industries agroalimentaires doivent s'abstenir d'utiliser des œufs de poules pondeuses élevées en cage dans leurs produits.
La satisfaction des besoins fondamentaux :
La négligence du bien-être animal conduit à la souffrance, la détresse, la peur, ce qui a des conséquences désastreuses sur le long terme.
Les besoins fondamentaux des poules pondeuses sont les suivants :
- Les poules sont des animaux très actifs, elles n’ont pas leur place en cage. Elles doivent disposer d’endroits calmes et spacieux, de zones surélevées (perchoirs), d’installations pour prendre des bains de poussière et avoir accès à la lumière du jour par le biais d'une cour extérieure couverte. Des zones de recherche de nourriture, avec un substrat à gratter et à picorer, ainsi que des matériaux d'enrichissement (comme de la paille) sont également essentiels pour leur bien-être ;
- Les perchoirs surélevés doivent être facilement accessibles, et sécurisé pour les poules (par exemple, avec un matériau non glissant) afin d’éviter des blessures ;
- Des conditions d'éclairage adéquates : la lumière UV est essentielle pour les animaux, de même qu'une bonne qualité de l'air avec de faibles concentrations d'ammoniac ;
- Un régime alimentaire varié et adapté aux poules (herbe, feuilles, graines, fruits) est non seulement essentiel au maintien de leur santé physique, mais leur donne également la possibilité d'exprimer leur comportement naturel, car la recherche de nourriture et l'alimentation sont deux éléments majeurs de leur activité quotidienne ;
- Le nid doit être dans une zone distincte mais facilement accessible, le sol doit être fait d'un matériau meuble et les nids doivent être munis d'une litière dans laquelle les poules peuvent se reposer ;
- L'abri doit offrir une protection contre les conditions météorologiques extrêmes, une bonne qualité de l'air et une température appropriée, ainsi que de l'eau et de la nourriture à disposition ;
- Les animaux doivent être en bonne santé et recevoir des soins vétérinaires si nécessaire.
CE QUE VOUS POUVEZ FAIRE POUR LES POULES PONDEUSES
Votre manière de consommer fait la différence ;
- Réduisez, raffinez et remplacez les produits d'origine animale dans votre alimentation. Pour en savoir plus concernant les 3R, cliquez ici ;
- Si vous continuez à consommer et à acheter des œufs, optez pour des œufs biologiques (code 0) ou des œufs de poules élevées en plein air (code 1). Evitez les œufs code 2 qui correspondent aux poules pondeuses élevés en bâtiments sans lumière du jour et les œufs code 3 qui signalent les poules élevées en cage avec l’équivalent d’une feuille A4 par poule ;
- Vérifiez toujours la mention apposée sur l'œuf : ne vous laissez pas abuser par des termes tels que " élevage familial ", " œufs fermier ", " œufs frais ", " œufs de nos régions " ou équivalent ;
- Faites attention aux ingrédients contenus dans les produits transformés et optez pour des produits sans œufs ou produits à partir d’œufs biologiques ;
- Demandez aux fabricants de produits transformés contenant des œufs, de quel type d'élevage proviennent ces œufs ;
- Au restaurant, demandez d'où proviennent les œufs contenus dans les plats.
Source
2. EFSA Panel on Animal Health and Animal Welfare (AHAW), Nielsen SS, Alvarez J, Bicout DJ, Calistri P, Canali E, Drewe JA, Garin-Bastuji B, Gonzales Rojas JL, Gortázar Schmidt C, et al. Welfare of laying hens on farm. EFSA Journal. 2023;21(2):e07789. doi:10.2903/j.efsa.2023.7789
3. Poultry Science Symposium, Perry GC, editors. Welfare of the laying hen. Wallingford, Oxfordshire, UK ; Cambridge, MA, USA: CABI Pub; 2004. (Poultry science symposium series).
4. Chauvin C, Hillion S, Balaine L, Michel V, Peraste J, Petetin I, Lupo C, Le Bouquin S. Factors associated with mortality of broilers during transport to slaughterhouse. Animal. 2011;5(2):287–293. doi:10.1017/S1751731110001916
5. Drain ME, Whiting TL, Rasali DP, D’Angiolo VA. Warm weather transport of broiler chickens in Manitoba. I. Farm management factors associated with death loss in transit to slaughter. The Canadian Veterinary Journal. 2007;48(1):76–80.
6. Eltahan HM, Cho S, Rana MM, Saleh AA, Elkomy AE, Wadaan MAM, Alagawany M, Kim IH, Eltahan HM. Dietary exogenous phytase improve egg quality, reproductive hormones, and prolongs the lifetime of the ag.